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                                         LIVRE D'OR

Ce Livre d’or vous est entièrement dédié .

Nous comptons sur vous pour poser des questions, nous faire part de vos réflexions, vos messages, vos témoignages....

ou tout simplement dire ce que vous pensez, sur ce qui vous tient à cœur ou sur notre association.

 

N'hésitez pas à vous exprimer car cela nous fait tous progresser ! 

Vous pouvez nous envoyez nous vos messages a l’adresse suivante : contact@anne-charlotte.org 

Merci d'avance pour votre soutien et votre participation.

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l'Association Anne-Charlotte


 

LE MESSAGE DE BRIGITTE ET JEAN LUC

Les personnes en deuil qui ont rejoint l’ association disent souvent leur difficulté à communiquer avec leur entourage, proche ou lointain, à parler de leur souffrance et à obtenir l’aide dont elles ont besoin, c’est-à-dire en premier lieu : une écoute, une compréhension et une acceptation bienveillante de ce qu’elles vivent.
Or la société d’aujourd'hui ne sait plus accepter le temps de la traversée du deuil et le temps de la difficulté d'être qui lui sont associés. Elle demande aux endeuillés d'aller mieux, de ne pas parler de ce qui les fait souffrir et de ne pas devenir un poids pour leur entourage.

La mort et surtout la perte d’un enfant sont des sujets Tabous, notre société actuelle laisse peu de place à ces gens qui vivent ce drame.

De plus il existe très peu de structure pour aider ces personnes qui ont perdu tout leur repère.

Alors bien sur, en créant l’association Anne Charlotte, nous n’avons pas la prétention de vouloir changer le monde et apporter des solutions aux parents qui ont perdu un enfant. Il n’y a pas de véritable solution à notre problème, car nous savons très bien que notre enfant nous ne le reverrons pas.

Nous voulons seulement offrir à des personnes qui ont vécu le drame le plus atroce, celui d’avoir perdu un enfant un endroit conviviale ou chacun peut parler librement sans avoir a se justifier, parce qu’il sait qu’il est écouté et compris par ceux qui l’entourent, tout simplement parce qu’ils ont connu le même drame.

Au fil des réunions, on s’aperçoit que nous formons une famille, et nous partageons ensemble nos souffrances et nos joies.

Pourquoi nos joies , parce que l’on s’aperçoit que l’on arrive aussi à retrouver le sourire ensemble …….

Les réunions permettent à chaque participant de confronter ses difficultés avec celles des autres, d'évoquer les bons et les mauvais moments vécus avant et après la perte de l’enfant, de parler, écouter, en toute liberté, sans juger  ni être jugé.

Ensemble enfin nous parlons normalement,et nous nous apercevons que nous sommes des gens normaux et que nous ressentons tous les mêmes émotions …

Ne pensez pas non plus, que ce que nous disons du groupe d’entraide s’éprouve de cette manière là pour tous ; nous disons simplement ce que nous éprouvons en voyant les parents qui nous ont rejoint   ; et ce faisant,nous souhaitons que cela puisse aider à identifier les besoins des personnes en deuil et donc à faire connaître ces besoins tout particulièrement à ceux qui, dans l’entourage d’une personne en deuil, se sentent maladroits, inefficaces, qui n’osent pas aller vers cette personne en deuil ; et, espérant les encourager à « aller vers », j’emprunte les mots de Sénèque : Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas que c’est difficile.
Les personnes qui ont perdu un enfant ont besoin qu’on leur parle de leur enfant; les personnes qui ont perdu un enfant ont besoins d’en parler des années encore après la mort de l’être proche ; cela leur fait du bien, élargit leur héritage, même si cela les fait pleurer, même quand cela les fait pleurer et parce que, précisément, les larmes ont pouvoir de soulager. Et vous qui souhaitez aider un proche, ne craignez pas de faire venir les larmes ; apprenez juste à les accueillir.

Anne- Lise

 2004 !

 Triste année, pour moi, pour la famille !

En janvier, nous échangeons les vœux traditionnels alors que mon mari est très souffrant, hospitalisé durant les fêtes…..

En mai, le printemps pointe son nez, nous sortons peu à peu de cette tourmente qui a perturbé durant quelques mois le cocon familial, tout a l’air de reprendre sa vie normale…..

Seulement le 15 mai, un drame survient qui vient nous enlever ma fille, notre fille…..

Les premières heures, les premiers jours pris dans les démarches, font que nous ne réalisons pas ce qui nous arrive !  

Ce n’est pas possible, c’est un cauchemar ! On va se réveiller et la vie reprendra son cours normal !!

Le monde vous entoure, avec leur petit mot : en cas de besoin tu peux, vous pouvez compter sur nous !

Le jour des obsèques est terrible : nous réalisons que ce n’est pas un cauchemar ! Il faut prendre conscience que PLUS JAMAIS, vous ne verrez votre enfant.

Et là, vous vous sentez seul au monde ! Je voulais rencontrer des personnes qui vivez ce drame qu’est la perte d’un enfant, pour voir comment je serai plus tard, comment elles ont fait pour survivre !

Une douleur atroce hante votre corps, perte d’appetit, de goût,(tout a le même goût : fade !), on a cette impression que nous nous déplaçons comme un automate !

 Votre esprit est possédé par les questions : pourquoi ? qu’ai je fait ? Que n’ai je pas fait ? qu’ai je dit ? que n’ai je pas dit ? Que n’ai-je pas vu ?

Les personnes que vous rencontrez vous disent : il faut tourner la page, aller de l’avant ! oublier !

Comment oublier un enfant que vous attendez, que vous aimez, que vous vivez pour lui et par lui !

Pendant 11 mois, j’ai vécu avec cette question : comment vais-je faire pour survivre ? Parce que OUI c’est de la SURVIE !

Je rentrais du travail, voyant que le compteur du répondeur  affichait o message, je réalisais que la mort dérange et que cela doit être contagieux ! Alors j’allais me coucher, pour dormir, pour oublier (comme les gens disent !)

Et pourtant je devais rester debout ! pour assurer le minimum pour l’enfant qui nous reste.

Donc en 2005, j’apprends la création de l’association Anne-Charlotte, association de PARENTS Endeuillés de la PERTE D’un ENFANT ! Voilà ce qu’il me faut !

Je voulais avoir les « remèdes » qui adouciraient ma vie !!!

Et là je me suis rendue compte que tout ce que je ressentais était « normal » !

Donc sans hésiter, j’ai adhéré à l’association.

Certaines personnes me disaient : «  tu ne t’en sortiras Jamais, tu ne rencontres que des personnes qui vivent le même malheur ! » Mais ces personnes là ne m’apportent aucun réconfort, parler de ma fille décédée dérange ! « Agir » comme si elle n’avait vécu !!!

A partir de ce moment, j’ai commencé à aller Mieux, reprise de poids, se donner l’autorisation de sourire, de se parfumer, de sortir, de reprendre « goût » à la vie !

Pouvoir parler d’Anne-Lise, qui aurait 18 ans, dans quelques jours, parler des autres enfants, les faire grandir sans les voir ….. Imaginer leur anniversaire, les imaginer se connaître dans l’au-delà et nous admirer et nous donner du courage,  et nous arrivons à rire sans pudeur, sans la crainte d’être jugés !!!

Nous avons crée une petite famille, nous nous téléphonons, nous nous réconfortons, parce que nous connaissons : cette douleur ! et de ce fait : nous nous comprenons !

Alors Merci Brigitte et Jean-Luc

                                                                                                                                                        Message de Thérèse   le 13/03/2007

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