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page est destinée aux personnes qui connaissent des parents
endeuillés ,en effet beaucoup ne savent pas toujours comment
nous aborder. Si bien sur , chaque parent peut avoir des réactions différentes, en fonction de ce qu'il a vécu avec son enfant , nous sommes tous d'accord au niveau de notre association pour vous dire que ce que vous lirez ci-dessous , c'est ce que nous ressentons en général. |
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La perte d'un enfant On a le sentiment de vivre une expérience tellement
effroyable, elle est indicible parce que
personne ne pourra jamais la comprendre. («
c'était à moi de partir »), et sur laquelle on a du mal à mettre des mots. Et
ils ont le sentiment qu'ils ne pourront jamais la partager avec d'autres, y
compris, souvent, avec ceux qui leur sont proches. Et
« les autres », de leur côté, n'osent pas leur en parler. On vit dans une société qui ne sait pas manier les mots du
chagrin Ce dont souffrent les parents, en plus
de l'absence, c'est de ce silence, car ils ont très peur que leur enfant soit
oublié. « L'entourage ne mesure pas ce que vivent au quotidien ces parents,
dans quel état d'épuisement physique et psychologique ils sont. Les parents en
deuil soulèvent l'Himalaya tous les matins. Au bout d'un an ou deux, la
plupart, commencent à peine à sortir du choc.
Faire le deuil d'un enfant, c'est long, très long, |
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Quelques pistes pour aider la personne en deuil
Le principal moyen d'aider
une personne endeuillée, c'est de l'écouter. Les paroles d'encouragement ou les
conseils sont souvent perçus comme inutiles ou même blessants. En effet, nos
mots sont parfois maladroits pour exprimer notre pensée ou pour dire à l'autre
que l'on est sensible à l'intensité de sa peine. On est souvent mieux
d'admettre qu'on ne sait pas quoi dire, qu'on est mal à l'aise parce qu'on
devine un peu à quel point on serait soi-même bouleversé dans une telle
situation. Les comportements les plus appropriés et les plus appréciés sont
habituellement de se montrer disponible, d'être à l'écoute des émotions de
l'endeuillé, de savoir respecter son silence. Il faut éviter les phrases
toutes faites et les conseils tels : "Tu peux avoir d'autres enfants" "Tu es jeune, tu peux te remarier" "Il est bien mieux mort que d'être resté légume" "Tu vas sortir grandi de cette épreuve" Ces phrases ne sont pas
nécessairement fausses, mais elles ne sont pas aidantes. C'est la personne
endeuillée elle-même qui peut trouver les aspects moins pires de sa situation.
Cela fâche l'endeuillé de se faire dire qu'il est chanceux dans sa malchance ou
qu'il n'a qu'à tourner la page. Il se sent alors incompris et cherchera à
éviter les personnes qui lui manifestent peu de compassion. Les gens en deuil ont besoin
d'être entourés, mais ils ne recherchent pas le même genre de relations
sociales qu'auparavant. Ils se sentent souvent isolés et trouvent que les
relations avec leurs proches sont plus difficiles. En effet, ils ont besoin des
autres, mais il ne faut pas s'attendre à les retrouver comme ils étaient avant
le décès à cause de la tristesse du deuil. Souvent, dans les premières semaines
après le décès, les endeuillés sont bien entourés par leurs proches. Après
quelque temps, ceux-ci s'éloignent parce que pour eux, la vie reprend son cours
normal. Mais pour les endeuillés, la vie n'est plus, et ne sera plus jamais la
même. On croit parfois qu'il vaut
mieux ne pas parler du disparu pour ne pas attrister les endeuillés en leur
rappelant leur perte. C'est oublier à quel point leurs pensées sont habitées
par le disparu. Plusieurs endeuillés souhaitent en parler, d'autres ne se
sentent pas capables ou ne désirent pas le faire. Il faut respecter les besoins
de chacun. Cependant, il est important de ne pas changer de sujet quand
l'endeuillé parle du décédé. En effet, les endeuillés ont souvent l'impression
de renier l'être cher en évitant de parler de lui. Ils vivent cela comme une
"conspiration du silence". Il importe de tenir compte de leurs désirs
à ce sujet. Ils ont parfois besoin de
dire et de redire les mêmes choses longtemps : leur attachement à la personne
décédée, l'histoire de ce qui s'est passé, les difficultés qu'ils vivent, le
vide qu'ils ressentent. Souvent, après un certain temps, ils ont l'impression
que leurs proches ne veulent plus les entendre. Les endeuillés souffrent alors
de solitude, d'isolement et d'incompréhension alors qu'ils auraient besoin
d'être entourés et respectés dans leur cheminement. Parfois les endeuillés
éprouvent une certaine envie face au bonheur des autres et évitent les
rencontres avec des personnes qui leur rappellent ce qu'ils ont perdu. Ainsi,
une femme, après le décès de son conjoint, peut éviter les gens qui sont en
couple ou encore des parents, après le décès d'un enfant, peuvent s'éloigner de
proches qui ont des enfants du même âge. Il ne faut pas s'offusquer
de cette attitude des endeuillés et il faut être capable de leur offrir à
nouveau plus tard de l'écoute, une sortie, une invitation parce qu'ils cheminent
et que leurs besoins changent. Ceux qui trouvent des personnes attentives,
compréhensives, disponibles et tolérantes en sont très reconnaissants et disent
à quel point cela les aide à vivre leur deuil. Les endeuillés apprécient
aussi une aide concrète comme apporter un repas, garder les enfants, faire les
petites tâches ménagères qu'ils n'ont pas toujours le courage de faire. Il faut se rappeler que
l'attitude et le comportement sont plus importants que les paroles pour
transmettre à la personne endeuillée l'expression de notre sensibilité à sa
peine et notre disponibilité à l'écouter et à l'accompagner sur ce long chemin
du deuil. C'est un processus long et exigeant, mais il faut prendre le temps
nécessaire pour le vivre. C'est une condition essentielle à la guérison du
coeur blessé par le décès d'une personne aimée. |
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Supplique aux amis et familles de parents endeuillésUn texte tellement vrai ... J'avais envie de le partager avec vous ... Trop de gens nous ont fui, nous ont laissé, parce que la mort d'un enfant fait mal, dérange et blesse. Ce silence là, cette non-présence accentue la douleur, et cette atroce violence du vide qu'il nous faut affronter chaque jour. Cette façon de nous laisser, elle est si injuste. Nous sommes comme deux enfants seuls sans caillou dans la poche pour retrouver notre chemin.S'il vous plait, ne croyez pas "qu'avec le temps, ça passera". Nous sommes parents d'un enfant mort à jamais. La vie continue, mais ne nous oubliez pas ... Nous avons tant besoin de vous pour avancer et nous reconstruire. Merci à ceux qui sont restés... Je vous aime fort ...
Supplique à notre famille, à nos amis. Voici, tirés de la lettre des Amis Compatissants du Québec, quelques-uns de nos souhaits :
Nous aimerions que vous n'ayez pas de réserve à prononcer le nom de notre
enfant mort, à nous parler de lui. Il a vécu, il est important encore
pour nous ; nous avons besoin d'entendre son nom et de parler de lui ; alors,
ne détournez pas la conversation. Cela nous serait doux, cela nous ferait
sentir sa mystérieuse présence.
* Si nous sommes émus, que les larmes nous inondent le visage quand
vous évoquez son souvenir, soyez sûr que ce n'est pas parce que vous nous avez
blessé. C'est sa mort qui nous fait pleurer, il nous manque ! Merci à
vous de nous avoir permis de pleurer, car, chaque fois, notre cœur guérit un
peu plus.
* Nous aimerions que vous n'essayiez pas d'oublier notre enfant,
d'en effacer le souvenir chez vous en éliminant sa photo, ses dessins et autres
cadeaux qu'il vous a faits ou que vous lui avez faits. Pour nous ce serait le
faire mourir une seconde fois.
* Être parent en deuil n'est pas contagieux ; ne vous éloignez
pas de nous.
* Nous aimerions que vous sachiez que la perte d'un enfant est
différente de toutes les autres pertes ; c'est la pire des tragédies.
Ne la comparez pas à la perte d'un parent, d'un conjoint ou d'un animal.
* Ne comptez pas que dans un an nous serons guéris ; nous ne serons
jamais, ni ex-mère, ni ex-père de notre enfant décédé, ni guéri. Nous
apprendrons à survivre à sa mort et à revivre malgré ou avec son absence.
* Nous aurons des hauts et des bas. Ne croyez pas trop vite
que notre deuil est fini ou au contraire que nous avons besoin de soins
psychiatriques.
* Ne nous proposez ni médicaments ni alcool ; ce ne sont que des béquilles
temporaires. Le seul moyen de traverser un deuil, c'est de le vivre. Il
faut accepter de souffrir avant de guérir.
* Nous espérons que vous admettrez nos réactions physiques dans le deuil.
Peut-être allons-nous prendre ou perdre un peu de poids, dormir comme une
marmotte ou devenir insomniaques. Le deuil rend vulnérable, sujet aux maladies
et aux accidents.
* Sachez, aussi, que tout ce que nous faisons et que vous trouvez un peu fou
est tout à fait normal pendant un deuil ; la dépression, la colère, la
culpabilité, la frustration, le désespoir et la remise en question des
croyances et des valeurs fondamentales sont des étapes du deuil d'un enfant. Essayez
de nous accepter dans l'état où nous sommes momentanément sans vous froisser.
* Il est normal que la mort d'un enfant remette en question nos valeurs et nos
croyances. Laisse-nous remettre notre religion en question et retrouver une
nouvelle harmonie avec celle-ci sans nous culpabiliser.
* Nous aimerions que vous compreniez que le deuil transforme une
personne. Nous ne serons plus celle ou celui que noue étions avant la
mort de notre enfant et nous ne le serons plus jamais. Si vous attendez que
nous revenions comme avant vous serez toujours frustré. Nous devenons des
personnes nouvelles avec de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves, de nouvelles
aspirations et de nouvelles croyances. Nous vous en prions, efforcez-vous
de refaire connaissance avec nous ; peut-être nous apprécierez-vous de
nouveau ?
* Le jour anniversaire de la naissance notre enfant et celui de son
décès sont très difficiles à vivre pour nous, de même que les autres fêtes et
les vacances. Nous aimerions qu'en ces occasions vous puissiez nous dire que
vous pensez aussi à notre enfant. Quand nous sommes tranquilles et réservés,
sachez que souvent nous pensons à lui ; alors, ne vous efforcez pas de nous
divertir. |
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